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La présence psychique et l'être psychique La véritable origine de l'idée de supériorité de race
Si l'on considère l'évolution ascendante, il est plus exact de parler de présence psychique que d'être psychique. Car c'est la présence psychique qui, peu à peu, devient l'être psychique. Dans chaque forme évolutive, il y a cette présence, mais elle n'est pas individualisée. C'est une chose qui peut croître et qui suit le mouvement de l'évolution. Ce n'est pas le résultat d'une descente, d'une involution d'en haut. Cette présence prend forme progressivement autour de l'étincelle de la Conscience divine qui est destinée à être le centre de l'être qui grandit et qui devient l'être psychique lorsqu'il s'est finalement individualisé. C'est cette étincelle qui est permanente et qui rassemble autour d'elle toutes sortes d'éléments pour former l'individualité de l'être psychique vrai, et celui-ci n'est formé que lorsque la personnalité psychique est complètement développée, complètement bâtie autour de l'étincelle divine éternelle. L'être psychique n'atteint son point culminant, sa plénitude totale, que lorsqu'il s'unit à un être ou à une personnalité d'en haut. Au-dessous du niveau humain, il n'y a généralement pas de formation individuelle, ou elle existe à peine — il y a seulement cette présence, plus ou moins nette. Mais lorsque, avec le développement du corps autour de l'étincelle de la Conscience divine, l'humanité a fait ses débuts sur terre, certains organismes humains se sont suffisamment perfectionnés au cours de cette croissance progressive et ils ont pu, grâce à leur ouverture et à leur réceptivité, établir une jonction avec certains êtres descendus d'en haut. Ainsi s'est formée une sorte d'humanité divine, ce que l'on peut appeler une race d'élite. Si seulement ils étaient restés entre eux, ces gens auraient continué à former une race unique et surhumaine. Page – 167 Bien entendu, de nombreuses races ont prétendu à cela : les Aryens, les Sémites et les Japonais se sont tous, tour à tour, considérés comme la race élue. Mais en fait, il s'est produit un nivellement général de l'humanité, un mélange considérable. Car la race supérieure s'est trouvée devant la nécessité de se prolonger et elle a été poussée à se mélanger au reste de l'humanité — c'est-à-dire à l'humanité animale. Ainsi sa valeur s'est dégradée et cela s'est achevé par la grande Chute de l'homme dont parlent les Écritures du monde entier, la sortie du Paradis, la fin de l'Age d'Or. Évidemment, ce fut une perte du point de vue de la conscience, mais non du point de vue de la force matérielle, puisque l'humanité ordinaire y a gagné immensément. Il y a eu, bien entendu, certains êtres qui ont énergiquement refusé de se mélanger et qui ont été très offensés de perdre leur supériorité, et c'est cela exactement qui est l'origine véritable de la fierté de race, de l'exclusivisme racial et de cette distinction d'une caste spéciale comme celle que chérissaient les brahmanes en Inde. Mais à présent, on peut dire qu'aucune partie de l'humanité n'est purement animale — toutes les races ont été touchées par la descente d'en haut et, par suite du mélange extensif, les résultats de l'involution se sont plus largement répandus. Naturellement on ne peut pas dire que tout homme ait un être psychique, pas plus qu'on ne peut refuser de reconnaître un être psychique à tous les animaux. Beaucoup d'animaux qui ont vécu près de l'homme ont un commencement d'être psychique, alors que l'on rencontre si souvent des gens qui semblent n'être que de simples brutes. Là aussi, il y a eu un grand nivellement. Mais dans l'ensemble, le psychique, au vrai sens de ce mot, commence au niveau humain, et c'est pourquoi la religion catholique déclare que seul l'homme a une âme. Dans l'homme seul existe la possibilité d'un être psychique qui grandit jusqu'à ce qu'il atteigne sa pleine stature, et qui peut même grandir assez haut pour finalement se joindre et s'unir à un être qui descend, à une divinité d'en haut. Page – 168 |